Chrétiens unis pour la terre

Quand la foi et l'écologie se rejoignent

Mois : novembre, 2019

Sonnons les cloches pour le climat ! le vendredi 29 novembre 2019

Afin de mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat, se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid la COP25.
Juste avant, le vendredi 29 novembre, se dérouleront des marches de grande ampleur. Ce sera le moment de rappeler au monde le message puissant des Chrétiens sur l’écologcloche_taulignan_grosseie et de l’encyclique Laudato Si’.
Des manifestations auront lieu sous diverses formes dans le monde entier.Apportons d’apporter une contribution à la fois d’alerte et d’appel à la prière en sonnant les cloches des églises le vendredi 29 novembre à 13h48.
 
Pourquoi faire sonner les cloches ?
Nous croyons que faire sonner les cloches dans les villes, où des jeunes du monde entier marcheront par milliers, enverra un message puissant au monde et apportera au beau soutien à ces jeunes, tout en montrant l’importance de l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre les dérèglements climatiques.
Enfin, ce sera un signe d’alerte sur l’urgence climatique déjà mise en avant par le saint Siège, bien des Eglises chrétiennes et d’autres hauts responsables religieux.
Cela rappellera aussi aux catholiques que, il y a 40 ans exactement, François Assise a été proclamé « patron des écologistes » par Jean-Paul II.
 
Pourquoi 13h 48 ?
Parce que c’est « l’heure du dépassement ».
Vous avez sans doute entendu parler du « jour du dépassement ». S’appuyant sur des universités canadiennes, l’ONG Global Footprint Network a calculé par des macro-modèles la date à laquelle l’humanité a consommé tout ce qui permet à la nature de se renouveler sans pénaliser les générations futures. En 2019, le WWF a calculé que cela tombait en France le 29 juillet. Rapporté à une journée, cela donne 13h48.
 
Comment ?
L’action consiste à sonner les cloches durant quelques minutes et en sonnant 12 coups pour symboliser que, comme pour l’Angelus, nous sommes à un point culminant du jour, à un croisement, un carrefour de la vie sur terre et qu’il est temps de « marquer un coup d’arrêt » ou de « s’arrêter pour réfléchir ». Notre proposition, c’est que durant cet arrêt, nous priions, méditions ou juste fassions silence en nous et autour de nous, où que nous soyons, pendant 12 minutes (à la place, par exemple, de se précipiter dans les magasin en ce jour de la surconsommation).
Vous pouvez aussi prévoir un petit rassemblement devant votre lieu de culte avec des clochettes à la main et/ou une affiche qui expliquer l’action ex : « Sonnons les cloches pour le climat + logo CUT et/ou le vôtre »
 
En plus
Les 12 minutes peuvent être des minutes de recueillement dans un lieu de prière, elles peuvent être « habitées » par une oraison silencieuse mais aussi par quelques propositions de textes ou de prières que vous trouverez ici. (CUT peut fournir pour les Xiens, peut-être le copain boudhiste + les musulmans lors de la soirée du 19 novembre ?)
 
Comptez-vous participer ?
Faites-nous le savoir en vous inscrivant ci-dessous

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Nous vous communiquerons un flyer que vous pourrez afficher dans votre paroisse pour expliquer l’action et le logo de CUT .

Impressions depuis le Synode Amazonie à Rome

Ci-dessous un récit, écrit spécialement pour Chrétiens unis pour la terre par Sebastien Dumont, apiculteur dans la Drome et membre de l’association Oeko-logia basée à Taulignan.

Les raisons de ma présence à Rome pour le synode sur l’Amazonie…

Je suis parti à Rome pour le synode sur l’Amazonie durant 2 jours en octobre dernier.
Ce désir me taraudait depuis quelques mois et les portes se sont ouvertes petit à petit pour que ce projet devienne possible. C’était en effet le 1er synode dont l’un des thèmes était l’écologie intégrale. Comme français, nous étions concernés directement de part la Guyane. Et je crois que quelque chose en moi me disait que ce synode nous concernait tous, hôtes de la maison commune, bien que le sujet semblait alors bien peu abordé dans les milieux chrétiens. Peut-être que le §49 de l’encyclique Laudato Si trouvait toute sa signification dans le contexte amazonien : « nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. ». De plus le contexte amazonien rend évident cette expression « tout est lié » de l’encyclique, par exemple vis-à-vis de la biodiversité, qui trop souvent est considérée comme une entité abstraite et dont la protection est une option comme une autre, voire romantique. En ce sens, le cas de l’Amazonie a quelque chose de paradigmatique : cette région présente les nombreuses dimensions de l’écologie intégrale que nous avons à vivre : le tout est lié car si l’on tue la forêt, on tue les peuples indigènes ; la connexion entre dimension sociale et dimension écologique ; le meurtre des plus fragiles (les pauvres, les femmes…) etc.

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… dans le contexte ecclésial actuel

Ce synode a cristallisé aussi beaucoup de craintes internes à l’Église, qui, si elles ont toujours existé, prennent une allure spéciale, car « l’Église est dans le monde, et le monde se trouve à une charnière » comme peut le dire le cardinal Schönborn1. Aussi j’avais à cœur de prier et jeûner pour ce synode. Avec l’association Oeko-logia, nous avions organisé une journée de prière et de jeûne pour ce synode et tout spécialement en communion avec le diocèse de Cayenne. Mais je voulais poursuivre cette initiative à Rome. Alors je suis parti.

Le témoignage de sœur Dorothy Stang

Le samedi matin, j’ai rejoint tout d’abord une rencontre autour de la figure de sœur Dorothy Stang, cette sœur assassinée en 2005 pour son soutien aux indigènes et leur droit à vivre sur une terre avec leur famille. C’était très beau. Nous étions une quinzaine de personnes, surtout des femmes. Cette rencontre, si elle permettait de replonger dans la vie de sœur Dorothy et de découvrir la vie d’autres martyrs, était tournée vers la vie. Quels beaux témoignages de ces religieuses, qui parfois ont connu sœur Dorothy, et qui poursuivent le combat humblement !

La célébration à l’église sainte Marie in Traspontina

Le samedi soir, avait lieu une célébration de repentance dans l’église sainte Marie in Traspontina. Repentance pour tous les crimes commis au moment de la découverte du nouveau monde et pour les erreurs commises dans le cadre de l’évangélisation. Le samedi après-midi, je m’étais retrouvé au cœur de l’équipe, principalement brésilienne, qui préparait cette célébration. Le soir même, je les retrouvais donc pour cette veillée. Ce fut très beau. Ainsi, après de très beaux chants évoquant entre autres l’écologie intégrale, nous nous mettions à genoux pour demander pardon, et des personnes issues des communautés indigènes venaient nous bénir et nous relever, parés de leurs beaux habits et de leurs beaux sourires. La célébration se poursuivit avec la distribution de graines d’Amazonie, qui représentaient l’espérance que la vie reprendrait le dessus et qu’elle nous viendrait des plus pauvres. Nous terminâmes par une marche aux flambeaux vers la place St Pierre, pleine de musique joyeuse !

Le dimanche avec le GGCM (Global Catholic Climate Movement)

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Le dimanche, était célébrée la messe de canonisation du cardinal Newman (l’un des plus grands théologiens du XIXe), et de trois sœurs : Giuseppina, italienne, femme forte fondatrice de congrégation, Irma, brésilienne dédiée aux pauvres fondatrice de l’Union ouvrière de st François, Marie-Thérèse, indienne, au-delà des castes, proche des personnes atteintes de la lèpre et la variole. Quel beau cadeau ! Le dimanche se poursuivit avec une invitation du GGCM à un repas et à une après-midi priante et festive. C’était tout simple et très beaux : des personnes venues du monde entier, une chorale africaine, la présence de 3 cardinaux, dont un secrétaire du synode sur l’Amazonie, et bien sûr de nombreuses personnes indigènes d’Amazonie. Difficile de décrire tout ce qui s’est passé , mais j’ai trouvé cette rencontre elle-aussi paradigmatique de l’écologie intégrale pour diverses raisons, parmi lesquelles :
– la diversité des personnes, et un placement des personnes très « mixé » : j’ai pu manger en face du cardinal Hollerich, dont l’avais été émerveillé par le discours à l’université de Georgestown en vue du synode sur l’Amazonie, le 20 mars 20192
– une manière ajustée d’habiter ce monde : par exemple, après la bénédiction du repas végétarien, par cette invitation à manger en étant particulièrement présent à notre mastication, aux goûts, aux chants des oiseaux autour de nous…
– une manière simple et belle de faire la fête, car nous avons dansé autour d’une représentation de l’Amazonie !
Merci Seigneur pour ce synode !